13/10/2014

Le facteur ne sonnera plus deux fois...

Ainsi, on nous annonce que «les facteurs ne sonneront plus jamais deux fois». Ni une fois d’ailleurs.  Les plis recommandés, colis et autres joyeusetés ne seront plus distribués dans les boîtes aux lettres. Il faudra désormais se rendre dans les quelques officines restantes pour chercher notre courrier… restant. Et se laisser «séduire» - s’il-vous-plaît - par nombre de sucreries, livres, billets de loto et scotch triple face… 


En cause: le nombre d’envois contre signature en hausse, mais aussi l’augmentation de l’utilisation d’Internet et d’e-mails pour tout et rien. La Poste a décidé d’agir pour gagner du temps, que ses facteurs n’en perdent plus à monter dans les étages (à pied ou en ascenseurs) distribuer plis et autres alors que nous, nous ne sommes pas là.

A-t-on entendu ces facteurs, leur a-t-on demandé comment ils se sentaient par rapport à cette décision? Pour avoir discuté, ou non (les voir accomplir leur travail est suffisant), avec certains d’entre eux, je vois qu’ils sont extrêmement gênés. Mais ce n’est pas nouveau. Les plans dictés par le géant jaune depuis quelques années les obligent à compter leurs minutes. Pour faire le tri de nos lettres aux aurores, pour grimper sur leurs motos ou dans leurs voitures, regagner nos immeubles, distribuer le courrier sans se tromper de boîtes, mais aussi ne plus oser dire «bonjour». La trouille au ventre, ils enfourchent leurs deux-roues et s’envolent… Ils savent que tout est minuté, surtout les sourires. Les facteurs sont même changés, plusieurs fois par mois, de commune, de quartier. Et ils ne doivent pas se tromper, leur petit appareil porté à la ceinture sait et voit tout. Attention à eux!

Le rôle social du facteur. Fini. La Poste assure que les personnes âgées et en situation de handicap seront encore desservies dans les étages. Tu parles, avec les changements de facteurs et de lieux, comment savoir si la personne est assez valide, ou non?

Bref, tout cela me met en colère. Car les facteurs aiment les gens et leur travail. Et, sous un prétexte toujours économique, personne n’entend leur complainte. Le facteur ne sonnera plus jamais deux fois. Ni une fois, d’ailleurs.

 

 

 

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