30/10/2013

Otages libérés.. pas tout à fait libérés.

Pierre, Thierry, Marc et Daniel. Quatre prénoms, quatre visages qui font, ces jours, l’actualité. Quatre otages français libérés. Tout l’Hexagone se félicite, se congratule parmi : fabuleux, ces quatre hommes aujourd’hui libres. Libres.


Oui, mais c’est une liberté très chère payée. Enlevés alors qu’ils ne sont que des travailleurs, et par des hommes d’une brutalité sans bornes. Durant plus de trois ans, ils leur ont dicté leurs « lois » : à genoux, debout, à terre, désert et chaleur torride à supporter sans sourciller, maigre pitance mélangée à la poussière, eau à boire par gouttelettes, déplacements incessants dans des lieux sans noms, armes menaçantes ou encore mise à l’isolement total, seul, sans lumière, sans personne avec qui partager angoisses, souffrances, peurs, larmes. Il leur a fallu survivre, en pensant tous les jours à leur famille, au sens de ces violences, avec le secret espoir de n’être jamais oubliés des leurs. Et d’être un jour libérés. De rentrer dans leur pays, leurs foyers. Libres.

 

Aujourd’hui, les flashs crépitent, ils sont, cette fois, les « objets » de toutes les attentions. Sur le tarmac, les mines sont fatiguées, patibulaires. Ils sont debout, mais cassés. Un se cache, le 2e baisse la tête, le 3e ne réalise pas, le 4e fait bonne figure. François Hollande les invite à parler. Ils ne peuvent pas. Pas maintenant, pas encore. Et que dire ? Comment ? Les mots manquent. Depuis trois ans. Emmurés. Mais aujourd’hui, on le leur répète, ils sont Libres.

 

Mais la liberté est chère. Les otages vont devoir réapprendre à vivre. A reprendre vie. Chacun à leur rythme. Et chacun avec des proches qui attendent déjà tant… L’absence a créé un vide. Il faut le remplir… de patience. Seulement. Peu à peu, ils vont savourer ce qui composent leurs cinq sens : voir, toucher, écouter, goûter, sentir. Apprivoiser un quotidien fait de petits riens et de beaucoup trop. Assimiler ce qui leur est arrivé. Pour reprendre, bout après bout, leur liberté. Un chemin très long, mais prometteur. Pierre, Thierry, Marc et Daniel : accrochez-vous! Pensée aussi à tous ces autres otages, encore emmurés dans le silence et la violence ! Un jour, je vous souhaite aussi d’être Libres.

 

 

 

 

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