04/10/2012

Soins intensifs des HUG: tout tenter pour sauver!

Le téléphone sonne et, soudain, le souffle de vie de quelqu’un qui vous est cher ne tient plus qu’à un fil. Ou plusieurs. Le service des soins intensifs (SI) l’a pris en charge. Nuit et jour, 24h/24. Chaque seconde compte. Le personnel médical le sait. Il s’attelle à prodiguer les soins nécessaires et salvateurs à cet être, devenu en un instant si fragile. Accident, maladie, la cause originelle semble entendue. Reste l’essentiel, à savoir fixer un diagnostic, décider des traitements, des opérations, des gestes salutaires, le tout effectué avec calme et détermination. Mais cela, vous ne le savez pas encore…


Après avoir conduit de manière presque automatique, vous arrivez – après maints couloirs d’une longueur interminable – au sous-sol du bâtiment dans une salle d’attente. Celle des SI. La lumière semble irréelle, les fauteuils sont occupés par d’autres personnes, aux mines aussi décomposées que la vôtre. La réceptionniste vous accueille avec empathie et vous dit de patienter…

L’attente. Voilà ce que font toutes les familles présentes. Même si, l’espace d’un instant, il est possible de voir cet être cher, il reste l’attente. Désespérée, désespérément. Certains tiennent avec la prière, d’autres lisent sans lire, quelques-uns regardent dans le vide ou font semblant de dormir. Va t-il tenir le coup ? Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi ? Telles sont les quelques questions que vous retournez inlassablement dans votre tête. Et puis, cette attente est également synonyme d’impuissance. Que faire pour bien faire ? Rien. Laisser faire le personnel médical, lâcher, faire confiance. Lorsque vous pouvez enfin voir votre cher parent, les pas jusqu’à son lit ne sont pas sûrs. Comment vais-je le trouver ? Et puis, le voir relié à des machines – à ces fils de vie – devient jour après jour presque normal. Il est là, entre de bonnes mains. Elles sont efficaces et leurs yeux sont souvent tendres et l’humeur - presque - sereine. Les médecins, infirmiers et infirmières sont comme des « anges gardiens ». Lorsqu’on ose dire un « Merci » à un d’eux, ils nous répondent : « C’est normal ! » Même si leur métier est de sauver, les remercier tient du respect et de la reconnaissance d’humain à humain.

Revenu dans cette salle d’attente ou la vie et la mort ne font qu'un. Un médecin annonce à une famille que leur proche est sauvé, tiré d’affaire. Le quatuor se lève d’un bond, crie leur joie et tous se prennent dans les bras. Au bout du chemin, la victoire. Je leur souris et partage leur joie. Sincèrement. Mais mes yeux aperçoivent d’autres parents, terrassés par l’attente et la douleur, l’air absent. Chacun se lève, pour disparaître, prendre l’air. Ce bonheur leur est insupportable. Ils veulent tant le même. Comment le leur reprocher ? Au contraire... 

Je n’oublierai pas les SI, toutes ces familles dans l’attente, mais surtout ce personnel médical, magnifique. Merci à eux ! Tout simplement.

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